Cozumel

RÉGION
Amérique latine
PAYS
Mexique
ANNÉE D'ADHESIÓN À LA CAMPAGNE MONDIALE
2026
LEADER LOCAL / RÉGIONAL
Président municipal, José Luis Chacón Méndez
DURÉE DU MANDAT
2024–2027
TYPE DE GOUVERNEMENT
Ville/Municipalité
ÉTENDUE DE LA POPULATION
88,626
VISION EN TANT QUE VILLES / TERRITOIRE DES DETROITS HUMAINS

 

Pourquoi les gouvernements locaux et régionaux sont-ils essentiels pour promouvoir, respecter et garantir les droits humains ?

La proximité, qui rend partout le niveau municipal déterminant, est encore plus importante sur une île. Cozumel est physiquement séparée du continent ; de ce fait, de nombreux services qui, ailleurs, peuvent être complétés par des appuis de proximité dépendent ici presque exclusivement des capacités locales. L’accès à l’eau potable — puisée dans un aquifère insulaire fragile —, la gestion des déchets solides (qui ne peuvent être simplement évacués de l’île sans coûts ni logistique importants), l’énergie, la santé et l’éducation relèvent en grande partie de la gestion municipale et étatique. Lorsque la municipalité décide de la manière dont ces services sont distribués, elle détermine concrètement qui peut exercer ses droits à la santé, à l’eau et à un environnement sain.

Le gouvernement local connaît également les inégalités propres à Cozumel. L’économie touristique génère des emplois, mais attire aussi de nombreux travailleurs migrants qui s’installent souvent dans des quartiers périphériques où les services sont insuffisants, tandis que les investissements se concentrent sur le littoral et les terminaux de croisière. 

Identifier ces populations de travailleurs, les communautés en situation de pauvreté, les femmes confrontées à la violence ou les personnes en situation de handicap — et élaborer des réponses adaptées à leurs besoins — est une démarche qui ne peut être menée efficacement qu’à partir d’une connaissance de proximité du territoire.

Il existe également une dimension environnementale incontournable. Le récif corallien de Cozumel, qui fait partie du Système récifal mésoaméricain, constitue à la fois une ressource économique et un patrimoine naturel. Le droit à un environnement sain, reconnu par la Constitution mexicaine, impose aux autorités locales de trouver un équilibre entre la pression exercée par le tourisme et la protection de l’écosystème dont dépend la vie même de l’île.

Sur le plan juridique, Cozumel est pleinement tenue de respecter les obligations de l’État mexicain. Les engagements constitutionnels et internationaux en matière de droits humains s’imposent à tous les niveaux de gouvernement, y compris aux municipalités, qui partagent la responsabilité de respecter, protéger et garantir ces droits.

 

Pourquoi les droits humains constituent-ils des valeurs essentielles et un cadre pertinent pour orienter l’action locale ?

Tout d’abord, ils offrent une boussole pour définir les priorités. Dans une municipalité où il est tentant de concentrer les ressources là où le tourisme est le plus présent, adopter une approche fondée sur les droits humains conduit à se demander qui est laissé de côté : les quartiers dépourvus d’un accès continu à l’eau, les familles de travailleurs éloignées des services essentiels ou encore les communautés vulnérables aux catastrophes naturelles telles que les ouragans. 

Cette approche permet d’orienter les dépenses publiques vers la dignité et l’égalité, plutôt que vers la seule attractivité touristique.

Ensuite, les droits humains offrent un langage commun et légitime. Ils permettent à la municipalité, au secteur touristique, aux organisations de la société civile et à la population de dialoguer autour de principes partagés, renforçant ainsi la légitimité de l’action publique et facilitant la coopération dans une communauté où les acteurs se connaissent.

Ils fournissent également des critères mesurables. Des principes tels que la disponibilité, l’accessibilité, la qualité et la non-régression permettent d’évaluer si l’accès à l’eau, à la santé ou au logement s’améliore réellement pour l’ensemble des habitants — et pas seulement durant la haute saison touristique — tout en renforçant la reddition de comptes des autorités.

En outre, les droits humains placent les personnes au cœur de l’action publique. Les principes d’égalité et de non-discrimination imposent de réduire les écarts entre le Cozumel tourné vers le tourisme et celui de celles et ceux qui font vivre l’île au quotidien, y compris les populations migrantes qui soutiennent son économie.

Enfin, les droits humains invitent à considérer la durabilité comme une question de justice. Protéger le récif, les ressources en eau et l’environnement ne consiste pas uniquement à préserver le « produit touristique », mais à garantir les droits des générations présentes et futures de Cozumel.

 

MOTIVATIONS POUR REJOINDRE LA CAMPAGNE

 

Cozumel rejoint la campagne car, en tant que municipalité insulaire et destination touristique d’importance internationale, elle vit directement les tensions entre développement économique, équité sociale et protection de l’environnement. Nous reconnaissons que les droits humains à l’eau, à la santé, à un environnement sain, à la participation et à une vie exempte de violence s’exercent sur le territoire, et que le niveau de gouvernement le plus proche de la population est le premier responsable de leur garantie.

Adhérer à la campagne « Villes et Territoires des droits humains » nous offre un cadre commun pour organiser nos politiques publiques selon les principes de dignité, d’égalité et de non-discrimination, en portant une attention particulière aux populations de travailleurs et de migrants qui contribuent au fonctionnement de l’île, ainsi qu’aux jeunes et aux familles vivant dans les quartiers périphériques. Nous souhaitons apprendre d’autres villes, échanger des bonnes pratiques et renforcer la reddition de comptes grâce à des critères vérifiables. En assumant cet engagement, nous réaffirmons notre vision d’un gouvernement humaniste qui place les personnes au centre de l’action publique et qui considère la préservation du récif, de l’eau et de l’environnement comme une question de justice pour les générations présentes et futures de Cozumel.

 

POLITIQUES, MÉCANISMES ET PROGRAMMES LOCAUX DES DROITS HUMAINS

 

  1. Programme permanent de collecte des encombrants et de recyclage (Climat et environnement / Services essentiels)

À travers le CAMAR, le gouvernement municipal collecte, réutilise et transporte les déchets solides hors de l’île. En 2025, 275 journées de collecte des encombrants ont été organisées dans les quartiers, permettant de récupérer plus de 1,5 million de kilogrammes de déchets solides. Des piles et du verre ont également été envoyés hors de l’île pour leur traitement, leur élimination appropriée ou leur valorisation.

Ce programme répond aux enjeux de gestion des déchets tout en contribuant à la protection de l’aquifère et du récif corallien dans un contexte insulaire.

 

  1. Programme « Écoles sûres » (Jeunesse et enfance / Culture de paix et sécurité)

Cette stratégie vise à garantir le droit des enfants et des adolescents à un environnement scolaire sain, sûr et exempt de violence, grâce à :

  • la création de Comités de sécurité scolaire ;

  • des actions de prévention et des patrouilles impliquant la police, les enseignants et les familles ;

  • un réseau d’enfants, d’adolescents et de jeunes promoteurs de paix formés à la prévention de la violence et à la promotion d’une culture de paix.

     

  1. Journées « La Municipalité dans votre quartier » (Démocratie participative / Services essentiels)

Ce programme, mis en œuvre par la Direction du développement social, rapproche les services publics gratuits et les produits à prix abordables des différents quartiers. Il propose notamment :

  • un accompagnement psychologique ;

  • une assistance juridique ;

  • des services de santé ;

  • des services d’état civil.

Lors de son premier cycle de mise en œuvre, le programme a bénéficié à plus de 2 000 personnes. Il comprend également la création de comités de quartier et encourage la participation citoyenne en collaboration avec la police municipale.