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Villes et territoires pour les droits humains en Europe : quelles réalités, quelles perspectives ? (Atelier du 11 décembre 2018 à Barcelone)

A l’occasion de la Conférence internationale « Villes pour les droits » de Barcelone (10 et 11 décembre) et du processus de suivi de la Charte européenne des droits humains dans la ville - mené par la Commission tout au long de l’année 2018 – les villes de Barcelone, Madrid et Plaine Commune ont souhaité inviter plusieurs collectivités locales européennes à partager leur expérience et leurs défis en matière de droits humains. Cet atelier des pouvoirs locaux européens pour les droits humains s’est tenu le 11 décembre 2018 au siège de CGLU, afin d’évaluer les défis communs et les possibilités de travail en réseau des villes dans la période à venir.  

 

Des villes et territoires qui souhaitent dialoguer et échanger sur leurs pratiques

Près de 40 personnes ont assisté à l’atelier, dont des représentants des 15 villes et régions : Barcelone, Terrassa, Sabadell, Cardedeu et Cerdanyola del Vallès (Catalogne, Espagne), Bilbao et Gipuzkoa (Euskadi, Espagne), Athènes (Grèce), Middelburg (Pays-Bas), Nuremberg et Cologne (Allemagne), Naples et Bologne (Italie), l’Association suédoise des pouvoirs locaux et régionaux (SALAR) et le Fons Català. En qualité de ville co-présidente de la Commission, une délégation de Gwangju (Corée du Sud) a également participé à la rencontre.  

Organisant le plus grand forum mondial des villes pour les droits humains, Gwangju a ainsi pu témoigner de son expérience et mieux comprendre les enjeux des villes européennes. Des contributions à la réunion ont également été fournies sur la base des réponses envoyées par 33 villes européennes au questionnaire de suivi, dans lequel les villes ont donné des informations sur leurs actions en matière de droits humains et précisé leurs priorités en matière de networking et de plaidoyer.

Migration, participation, lutte contre les discriminations : des ambitions locales partagées

Dans la première partie de l’atelier, les villes ont fait part de leurs orientations et de leur champs d’action prioritaires. Au cours de ces dernières années, les thématiques se sont diversifiées et amplifiées amenant les villes à développer des politiques locales en faveur des droits humains dans plusieurs domaines : participation citoyenne et démocratie locale, inclusion des migrants, lutte contre les discriminations de genre, de race, d’orientation sexuelle et des personnes en situation de handicap.

[ Veuillez trouver le compte-rendu de l'atelier en anglais ici ]

La directrice du service droits humains et diversité de Barcelone (Aida Guillén) a souligné la nécessité pour les villes « d'aller au-delà de la sensibilisation et de développer une action plus vaste en faveur des droits, telle que l’intégration de l’approche par les droits dans l’ensemble de l’action locale, la lutte contre les discours de haine ou la défense du concept de citoyenneté à part entière ». Plusieurs villes ont également confirmé ce souhait d’aller au-delà de politiques sectorielles pour développer une approche transversale et globale des droits humains à l’échelle locale.

La représentante de la direction aux droits et à la cohésion sociale de Naples, Alessia Piccirillo, a manifesté l’engagement de la ville de Naples en faveur de la défense globale de la démocratie et des droits humains ; deux valeurs clés pour la construire le vivre ensemble et améliorer la cohésion sociale. Miriam Ferràndiz, conseillère municipale pour les droits civils à Sabadell, a souligné la nécessité « d'intégrer les droits humains dans l'ensemble de l'action publique locale », tandis que la directrice des services à la citoyenneté de Terrassa, Mercè Soler, a souligné que « le moment est venu de décider de ce qu'il faut faire pour aller au-delà de la sensibilisation aux droits humains : Terrassa défend l'eau en tant que bien public, défend le droit au logement et embrasse l’approche de l’intersectionnalité ».

Les droits humains sont aussi, pour plusieurs villes participantes à l’atelier, une façon de renouveler les politiques publiques locales grâce au dialogue avec la société civile. Le maire de Middelburg, Harald Bergmann, a mis en avant que la participation des citoyens devrait être un sujet clé sur ce débat : « Il existe une insatisfaction croissante à l’égard de l’état de la démocratie dans le monde entier ; les citoyens veulent s'impliquer davantage dans les affaires publiques ». Cette déclaration était dans la même ligne que celle prononcée par la directrice aux droits de Gipuzkoa, Maribel Vaquero, qui a partagé l’action de son territoire pour promouvoir une culture politique renouvelée, fondée sur la paix et la démocratie.

[ Regardez l'album photo de l'atelier ici ]

Les villes de Nuremberg et Cologne a montré leur intérêt particulier pour les politiques de non-discrimination et d'inclusion sociale. À cet égard, le président de la Coalition européenne des villes contre le racisme (Benedetto Zacchirolli) a également partagé le travail de son organisation (ECCAR). Lefteris Papagiannakis, adjoint au maire d’Athènes pour la migration et les réfugiés, a abordé le sujet sous l’angle de l’universalité des droits pour les migrants et les refugiées, tandis que la représentante de Bilbao, Inmaculada Erena, l’a abordée sous l’angle de l’éducation et des valeurs de solidarité.

Le représentant du Fonds catalan pour la coopération au développement (Toni Royo) et la représentante suédoise de SALAR (Cecilia Berlin) ont rappelé l’importance du thème de la gouvernance multi-niveaux en matière de droits comme la nécessité d'inclure de plus petites villes dans ce processus.

Villes pour les droits : Prochaines étapes et calendrier

À la fin de la réunion, la coordinatrice de la Commission Inclusion sociale, Démocratie participative et Droits humains de CGLU (Amanda Fléty) a informé les participants des processus internationaux dans lesquels les membres de la Commission et qui pourraient donner suivi à l’atelier : l’appel à contribution de l’OHCHR ; l'organisation du WHRCF 2019, la relance de débats régionaux et mondiaux sur la mise en réseau des villes pour les droits humains et la tenue du Congrès mondial de CGLU en novembre 2019.

[ Veuillez trouver le compte-rendu de l'atelier en anglais ici ]

La Secrétaire générale de CGLU, Emilia Sáiz, a également informé les participants de l’importance croissante des droits humains pour l’organisation, en articulation claire avec le droit à la ville et le Conseil Politique éponyme. À cet égard, Mme Sáiz a invité les représentants des villes à renforcer leur participation aux discussions politiques de CGLU tout au long de l’année 2019.