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Dialogue multipartite sur la Déclaration « Villes pour le logement convenable » : quels enjeux pour l’Europe ?

Le 5 mars dernier, la Commission d’Inclusion Sociale, Démocratie Participative et Droits Humains de CGLU, le programme « Global Cities » du CIDOB et la ville de Barcelone ont organisé un dialogue multipartite pour discuter de la Déclaration de New York sur le droit au logement et de la façon d’y donner suite dans le contexte européen. Dans un premier temps, huit municipalités signataires de la Déclaration, des fonctionnaires de l'UE, chercheurs et société civile ont échangé sur la Déclaration et sur les messages à porter dans le cadre d’un plaidoyer adressé à la Commission Européenne. Dans un deuxième temps, les représentant.e.s des pouvoirs locaux ont échangé plus concrètement autour de la Déclaration afin de trouver des priorités communes dans la diversité des situations et approches locales.   

Afin de consolider les messages de la Déclaration de New York, plusieurs municipalités ont partagé leur souhait de promouvoir une feuille de route européenne qui permette de porter ensemble la question du logement comme une priorité des pouvoirs locaux, notamment dans le cadre des élections européennes de 2019.  Les conséquences de la financiarisation croissante du secteur du logement sont une des principales préoccupations partagées par les pouvoirs locaux. Ils ont ainsi témoigné de la difficulté pour leurs habitants et leur volonté, en tant que pouvoirs locaux, de proposer des formes de régulation.  

La réunion du 5 mars a rassemblé des représentants de Strasbourg, Vienne, Barcelone, Terrassa, Cascais, Bologne, Londres et Lisbonne. Les autorités métropolitaines de l’Eurométropole de Strasbourg et de l'Aire métropolitaine de Barcelone étaient également présentes à l'événement, ainsi que des représentants de la Province de Barcelone. Toutes ces autorités locales sont membres de la Déclaration « Villes pour le logement convenable » et de la Communauté de pratique de CGLU sur le logement. Cette initiative européenne est également liée aux discussions tenues au sein du groupe de travail sur le logement d'Eurocities, dont la conférence annuelle s’est tenue le 20 et 21 mars dernier.

Diverses réalités pour un appel commun : Réclamer des solutions urgentes sur le logement

Les participants à la réunion se sont accordés sur le fait que les villes et les territoires européens sont confrontés à la crise du logement de différentes manières, et que les capacités d’action différaient selon les cadres juridiques nationaux, la taille de la collectivité ou des ressources disponibles. Cependant, ils ont tous convenu de l’importance de sensibiliser l’UE à cette question et de renforcer une voix plus forte des « Villes pour le logement » au niveau européen. En effet, les participants à la réunion ont affirmé que le logement était un élément clé pour assurer la cohésion sociale et les droits humains au niveau local.

Le conseiller municipal Josep Maria Montaner (Barcelone) a souligné qu'il importait que l'UE place le logement au premier rang de ses priorités dans le souci de « défendre l'Europe que nous voulons ». Paula Marques, conseillère municipale de Lisbonne a plaidé pour que l’UE change son approche sur logement afin de le défendre en tant que droit et éviter les crises futures.

Syamak A. Babaei, élu de Strasbourg, a rappelé que, malgré les différences nationales, « la crise du logement peut être ressentie dans toute l’Europe » et qu’il est important « d’échanger des connaissances, des méthodologies et des initiatives innovantes ». Filipa Roseta, conseillère municipale de (Cascais) a défendu des stratégies renouvelées qui « prennent en compte les petites et moyennes villes » et aident les pouvoirs locaux à faire face aux effets secondaires de l’attractivité ou des inégalités territoriales.

D’autres représentant techniques de villes travaillant sur cette question ont également contribué au débat, en partageant leur expérience : c’est le cas de la politique de Bologne en matière de lutte contre les expulsions et de soutien aux initiatives de coopératives de logement ; les efforts déployés par Londres pour augmenter les taux de logement social pour offrir des loyers abordables aux locataires ; et le modèle de de Vienne, fondé sur la promotion du logement social et abordable.

Les échanges fructueux entre les pouvoirs locaux, les experts et représentants de la société civile, ont pu apporter aux discussions une pluralité d’expériences concernant l'agenda urbain de l'UE et rappelant l'importance d'aborder la crise du logement sous ses différents angles : sans-abrisme, spéculation financière, impact des nouveaux acteurs économiques (Airbnb), gentrification, touristification et développement durable.