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Promotion de l´égalité et lutte contre le racisme à Londre

Londre
Royaume-Uni

 

La Greater London Authority (GLA) est l’autorité de coordination des domaines des services de police,  du transport, de la gestion des incendies et de la planification stratégique. Sous le mandat du maire Ken Livingstone (2000-08), la GLA a démarré sa politique d’égalité. Cette politique se poursuit sous le mandat du maire actuel, Boris Johnson (l’information mise à jour sur la politique d’égalité de la GLA se trouve sur http://www.london.gov.uk/priorities/equalities/vision-and-strategy-equal-life-chances-for-all). Dès sa mise en place,  la politique a eu pour but de lutter contre l’exclusion culturelle, sociale et économique touchant les minorités et les femmes de Londres, avec une forte dimension transversale. À ce titre, la principale population cible et les bénéficiaires de la politique ont été les groupes nationaux, raciaux, et ethniques, dont le groupe BAME et aussi les femmes, les personnes handicapées et la communauté LGBT.

Le cas présenté s’est centré sur le mandat de Ken Livingstone, soulignant  l’action en faveur de l’égalité raciale. La mise en œuvre de la politique a impliqué la participation formelle des principaux acteurs politiques, y compris les organisations de la société civile représentant les groupes cibles. Des « plans spécifiques d’égalité » ont été approuvés par la GLA, pour faire face aux discriminations liées à la race, aux handicaps et à l’orientation sexuelle, entre autres. Plusieurs initiatives telles que des festivals et d’autres types de manifestations, ont été organisées par la GLA pour valoriser la diversité ethnique et le caractère cosmopolite de la ville, y compris celles dans le cadre des relations économiques diverses avec la Russie, la Chine et l’Inde. D’autres initiatives ont été mises en place en partenariat avec les agences de développement local et de transport de la GLA.

Si nous analysons les données sur les (in)égalités contenues dans les rapports officiels de la GLA jusqu’en 2007, la GLA et ses plans d’égalité semblent avoir réussi en améliorant au moins quelques aspects de la vie des minorités (ethniques) et des femmes de la ville. Des progrès ont été observés en ce qui concerne l’acceptation de la diversité de la ville. La diminution de 11,9% des crimes racistes entre 2005/06 et 2006/07 est la preuve d’une attitude plus ouverte des Londoniens envers les différences raciales et ethniques. La même attitude ressort aussi du Rapport  annuel 2006  de la ville de Londres. D’autres progrès ont été observés au niveau des conditions sociales et économiques des minorités et des femmes à Londres. Entre 2001 et 2005, le taux d’emploi des deux groupes et des femmes a augmenté considérablement. Un nombre record de membres des communautés BAME de la ville a été recruté par les Services de Police métropolitains. Toutefois, malgré ces progrès, certains problèmes demeurent. Par exemple, dans le secteur de l’éducation, les résultats des élèves noirs au niveau de l’école secondaire sont toujours relativement faibles, bien que des différences apparaissent au sein des diverses communautés.

Les gestionnaires locaux souhaitant répliquer la politique d’égalité de la GLA doivent tenir compte de certaines caractéristiques particulières de Londres qui se retrouvent rarement dans d’autres contextes urbains et qui ont eu un impact sur la conception et les résultats de la politique d’égalité : le caractère global exceptionnel de Londres, son taux élevé de diversité urbaine, sa tradition multiculturelle et le cadre juridique de la ville, et les compétences spécifiques d’un gouvernement métropolitain tel que la GLA. Les gouvernements locaux traditionnels de villes plus petites au sein de pays où la conception multiculturelle de la citoyenneté est peu ou non reconnue, devront adapter (et éventuellement étendre) la politique pour répondre à leurs compétences, aux besoins spécifiques de leurs communautés, et de leurs différents statuts juridiques (dont ceux des migrants), et choisir à terme des formes plus directes de participation des membres de groupes minoritaires et des femmes.