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Programme des Zones Urbaines Critiques à Cova da Moura

Amadora
Portugal

 

En avril 2008, l’Espace économique européenne (EEE) a alloué un financement de 3,8 millions d’euros à un projet complexe de près de 100 millions d’euros destiné à lutter contre l’exclusion sociale et à encourager le changement social dans les zones urbaines défavorisées du Portugal. Un accord de financement à hauteur de 3,2 millions d’euros pour un projet au sein du quartier de Cova da Moura a été signé le 2 avril 2008 à Lisbonne. Le projet fait partie du programme des Zones Urbaines Critiques (ZUC), un investissement en matière de rénovation urbaine au Portugal de près de 100 millions d’euros, concernant également les zones de Vale da Amoreira et de Lagarteiro dans la région métropolitaine de Porto. L’Institut National du Logement du Portugal gère le programme des ZUC et le mécanisme financier qui soutient les partenaires du projet.

Améliorer les conditions de vie dans la zone urbaine détériorée de Cova da Moura, comprenant près de 7 000 personnes sur 16 hectares, implique une coopération interministérielle, une participation citoyenne et la participation des autorités locales. Le projet participatif pilote jouit d’un grand soutien local, et la communauté de Cova da Moura est prête à changer la mauvaise image publique de la zone.

Le quartier a été fondé au début des années 1970, lorsque le manque de logements à Lisbonne a poussé une grande partie des immigrés à s’établir de manière illégale dans la banlieue de la ville. La zone et ses habitants, ségrégués sur les plans spatiaux et sociaux, ont lutté sur la question des terres occupées, des situations de logement précaire, d’insécurité due au trafic de drogues et à l’exclusion sociale.

Ce projet multidimensionnel a pour but de légaliser l’occupation des terres de la zone, en établissant les bases d’une durabilité sociale et économique et en rénovant les infrastructures de la communauté : électricité, gaz, rues et lignes téléphoniques. Les résident-e-s loca-ux-les pourront participer à nombre d’activités sociales et éducatives, et le projet est centré en grande partie sur le soutien aux activités pouvant encourager les initiatives entrepreneuriales et l’emploi locaux. Afin de donner une meilleure image au quartier, le nombre de manifestations et de fêtes culturelles locales sera augmenté et un ancien moulin à vent doit être rénové.

L’Initiative des Quartiers Critiques est la première action de grande envergure développé par le Gouvernement portugais pour promouvoir une politique publique d’intégration territoriale. Ceci permet d’expliquer la visibilité de cette expérience, qui a cherché à s’éloigner de l’ « approche sectorielle » dominante utilisée par l’administration publique portugaise, qui traitait les personnes et les territoires de façon «désagrégée », donnant lieu à des politiques incohérentes et contradictoires.

En outre, la mise en œuvre de cette politique est devenue plus visible grâce aux facteurs suivants :

  • Elle concerne des territoires jugés « critiques » en termes de ségrégation spatiale et de concentration des phénomènes de pauvreté urbaine, d’exclusion et de délinquance, ayant subi des incohérences en matière de planification urbaine, parmi d’autres éléments pouvant stigmatiser ces quartiers.
  • Il s’agit d’une initiative encouragée par l’administration centrale qui adopte une approche participative à l’échelle locale, en impliquant les services de l’administration régionale, les municipalités et les associations de la société civile.

Cette initiative n’a pu éviter certaines difficultés et des obstacles qui ont eu pour conséquence, des problèmes et des conflits imprévus. Dans le cas concret de Cova da Moura, les difficultés sont d’autant plus importantes que le quartier s’est construit de façon illégale, contrainte qui a empêché la réalisation d’une partie des objectifs fixés au départ, notamment ceux liés à la planification territoriale, à l’intervention urbaine et à la construction d’infrastructures.

Toutefois, il convient de souligner que, au cours des trois années d’intervention, cette initiative est devenue un espace d’apprentissage mutuel, un espace de création de partenariats et de confiance, et un espace permettant de tester des méthodes d’intervention communautaire. Ce cas a permis à la municipalité d’Amadora de comprendre le potentiel de ce type d’interventions. À l’heure actuelle, des approches similaires sont mises en place dans d’autres quartiers de la communauté vus comme « critiques ».