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Favoriser le développement en soutenant les compétences entrepreneuriales des migrants : Le programme de microcrédit Rétale

Catalogne
Espagne

 

Rétale est un programme qui, entre 2004 et 2009, a été coordonné et financé par la Fondation Un Sol Món de la Caixa Catalunya (caisse d’épargne catalane de la province de Barcelone). Le programme est actuellement coordonné et redéfini par une autre fondation, Servei Solidari (Service de la Solidarité), qui opère dans le domaine du développement. Le programme vise à soutenir les migrants équatoriens et colombiens en Espagne autant que le co-développement dans les pays d'origine de ces migrants en s'appuyant principalement sur ​​le microcrédit et la stimulation des  compétences entrepreneuriales (en ligne avec les demandes de fonds de la part des migrants pour la création d’entreprise). Le programme fournit de petits financements pouvant aller jusqu'à 15 000 € pour un maximum de 24 mois, pour les Équatoriens dans un premier temps et ensuite (à partir de 2008) aussi pour les Colombiens. Les fonds sont censés appuyer la création ou le développement d'une activité économique dans les pays d'origine des migrants. Les migrants peuvent conduire l'activité en rentrant dans leurs pays ou tout en restant en Espagne, en collaboration avec un partenaire économique dans le pays d'origine.

Alors que la coordination du programme s’est toujours faite en Catalogne, les partenaires de la Communauté de Madrid et la Communauté valencienne (où les communautés les plus nombreuses d'Équatoriens sont concentrées), ainsi que de l'Équateur et de Colombie ont contribué à la réalisation du programme. Plusieurs séances d'information avec les migrants ont été organisées. Une fois que les compétences entrepreneuriales du demandeur et le mérite de son ou ses projets sont évalués, un processus en trois étapes démarre, comprenant : conseil et définition du plan,  financement du plan, et démarrage et suivi de l'activité prévue (qui pourrait être une extension et le développement d'une entreprise déjà existante).

Au fil des ans, Rétale a produit des résultats intéressants. Il a permis d’atteindre un certain nombre de migrants, y compris une majorité de femmes, souhaitant démarrer ou développer une activité économique dans leur propre pays. Les projets financés dans le cadre de Rétale ont fait leurs preuves en Équateur et en Colombie. En novembre 2009, un total de 128 projets (dont 7 liés aux activités précédemment financées par Rétale) avait été mis en place par des Équatoriens ou des Colombiens, avec des taux de survie d'environ 90%. Les activités créées ou élargies dans le cadre de Rétale sont de différente nature, comprenant des activités dans le domaine de l'agriculture et de l'élevage, le commerce, les activités artisanales, la production d’habillement et chaussures, et des activités liées aux services comme la coiffure et la restauration. Rétale a également contribué à la création de nouveaux emplois et de plus de 300 emplois liés aux activités économiques financées par le programme.

Dans le même temps, Rétale est confronté à certains défis cruciaux, dont certains liés à la raréfaction croissante des fonds disponibles pour les programmes de développement en raison de la crise économique qui a frappé l'Espagne ces dernières années. Si plus de fonds étaient disponibles pour le programme, plus d’activités et d'emplois pourraient être créés. De même, un plus grand nombre de communautés pourraient être inclues dans le programme (en commençant par la communauté marocaine, qui a été identifiée comme étant le groupe cible suivant pour le programme). Un autre ensemble de contraintes et de défis sont liés à la nécessité de diversifier la portée des fonds fournis par Rétale. Les fonds pourraient être utilisés avec une plus grande souplesse pour soutenir les différents types de dépenses nécessaires pour les migrants.

Toutes les autorités publiques (régionales, provinciales ou même municipales) qui souhaiteraient mettre en œuvre ce programme devraient envisager la disponibilité de fonds et d'infrastructures adéquates (y compris, éventuellement une banque et une fondation). Elles devraient ensuite être conscientes des théories existantes et des possibilités liées au co-développement et aux initiatives de microcrédit, qui devraient néanmoins être adaptées à la lumière des conditions «locales» des migrants, de leurs compétences entrepreneuriales et la possibilité de mettre en place des partenariats fonctionnels pour mettre en œuvre le programme (dans le pays hôte et dans les pays d'origine des migrants).