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Nouvelle politique d’inclusion des migrants dans une communauté de passage

Chengdu
Chine

 

Ce cas de mise en œuvre d’une nouvelle politique d’inclusion des migrants à l’échelle locale en Chine s’inscrit dans le contexte d’une situation de passage typique dans le cadre de la rapide urbanisation et expansion de la ville, et une situation où l’administration locale traditionnelle est remplacée par une gouvernance incluant la participation des citoyens.

Présentation

Cet exemple de politique met en relief la participation et la mise en œuvre de la politique d’inclusion dans un nouveau quartier constitué d’anciens villageois autochtones ayant perdu leurs terres et de nouveaux résidents habitant dans une communauté clôturée. Grâce à la mise en place d’institutions locales de gouvernance participative pour intégrer les résidents socialement exclus, les conflits sociaux et les tensions ont été réduites. La politique a démarré au début de 2009, et elle est toujours en cours.

Ce cas comporte trois dimensions majeures : participation, moyens de subsistance et inclusion :

  • Amélioration des moyens de subsistance, aide aux familles vulnérables à accéder à des sources de revenus plus durables ;
  • Promotion de la participation, responsabilisation de tous les résidents locaux pour qu’ils participent à la gouvernance locale et à l’allocation des ressources publiques ; et
  • Promotion de l’inclusion et de l’interaction en intégrant les résidents des deux types de quartier (quartier de nouveau style et quartier de remplacement) sur le plan social et économique.

Presque tous les habitants de la communauté- aussi bien autochtones que nouveaux résidents, en sont les bénéficiaires. De plus, l’on a prêté une attention spéciale à des douzaines de familles vulnérables. Le gouvernement local a aussi bénéficié de la réduction de tensions et de conflits sociaux dus à la ségrégation.

Développement de la politique

Une grande partie de cette politique consiste à mettre en place des mécanismes pour assurer la participation des résidents locaux à la prise de décision et à la supervision et à exprimer leur opinion de façon directe et indirecte à l’échelle de la communauté locale. Des organes de gouvernement et de participation ont été mis en place : Conseil des Résidents de la communauté, conseil de supervision, panel de supervision financière démocratique et comité de gestion de la propriété. À l’échelon municipal, des politiques similaires ont été mises en œuvre dans des communautés entièrement rurales ou rurales-urbaines de passage, basées sur le cas décrit ci-dessus.

La mise en œuvre de la politique est un effort conjoint du gouvernement local, des ONG et de la population locale. L’initiative est essentiellement financée par le gouvernement local. La planification, le développement des capacités et certaines parties de la mise en œuvre sont financés par les membres du bureau de la communauté et par le Réseau chinois de Gouvernance participative, ce dernier étant financé par la Ford Foundation. Le gouvernement municipal couvre les dépenses des services publics et les dépenses de fonctionnement du bureau, et finance les activités communautaires telles que les compétitions amateurs et les sports d’équipe. Le financement du Réseau chinois de Gouvernance participative est alloué à la planification, à la consultation et au développement de la capacité participative.

Résultats et réussites

Parmi les principaux résultats et réussites, citons :

  • Mise en place de mécanismes locaux de participation citoyenne démocratique : Une plateforme de participation citoyenne démocratique a été créée pour la participation de la population locale à la gouvernance.
  • Réduction de la ségrégation entre les villageois autochtones et les nouveaux résidents : Il existe davantage d’opportunités pour des interactions sociales d’inclusion mutuelle entre les villageois autochtones et les nouveaux résidents.
  • Amélioration des moyens de subsistance des familles vulnérables.  Faciliter l’accès des familles vulnérables à des ressources pour des revenus plus durables permet de réduire les tensions et les conflits entre les villageois autochtones et les nouveaux résidents, et, d’autre part, entre les anciens villageois et le gouvernement local.
  • Introduction du concept de participation citoyenne aux cadres locaux. Avant la formation au développement des capacités et l’introduction des approches de gouvernance participative, les cadres locaux contrôlaient les décisions concernant les affaires publiques et il existait peu de tradition d’ouverture et de transparence à l’égard des résidents. En utilisant des approches et des pratiques participatives, les gouvernements locaux ont préféré négocier avec la population locale pour éviter les tensions.
  • Amélioration des services publics locaux pour répondre plus efficacement aux demandes locales. En appliquant les règles du mécanisme de participation mis en place, le Conseil des Résidents de la communauté et le conseil de supervision ont recueilli les demandes des citoyens locaux concernant les services publics, et alloué des budgets suivant les priorités établies par la population locale.
  • Mobilisation des ressources privées. Mise en place du Comité de Gestion de la propriété du quartier permettant de mobiliser les ressources privées à des fins publiques. Les villageois autochtones et les nouveaux résidents ont pu partager et utiliser les mêmes installations, et créer un meilleur service de police de proximité pour la communauté tout entière.

Obstacles et défis

Il existe deux obstacles majeurs ou défis à cette politique. Le premier défi est l’équilibre ou le compromis entre la mobilisation des citoyens et l’autonomie locale. La mobilisation et le contrôle du gouvernement local pourraient nuire à l’autonomie des résidents locaux et des organisations basées dans la communauté, et, éventuellement, mener au contrôle gouvernemental de la participation citoyenne. Un deuxième obstacle est la faiblesse des organisations civiles basées dans la communauté. Les organisations basées dans la communauté locale n’ont pas la capacité pour organiser les habitants locaux et négocier avec le gouvernement local. Ils ne peuvent pas non plus les faire travailler de concert avec le Conseil des Résidents de la communauté pour qu’ils travaillent pour l’intérêt public.