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Ville sans drogue

Ekaterinbourg
Russie

 

« Ville sans drogue » d’Iekaterinbourg est un programme mené par une ONG et visant à éliminer le trafic et le commerce de stupéfiants à Iekaterinbourg. Le programme comprend plusieurs sous-programmes : enregistrement et réaction aux informations de la population locale et dénonciations reçues sur le téléavertisseur 002 (également disponible par SMS) « Ville sans drogue » ; collaboration avec les forces de police et participation aux opérations de lutte contre le trafic de stupéfiants ; centre de réhabilitation pour les toxicomanes ; centre de réhabilitation pour les adolescents problématiques ; travail auprès des médias en vue d’attirer l’attention sur les problèmes de toxicomanie ; conseil des parents qui travaille avec l’Organisation ; Un fonds « Ville sobre » ; et la fourniture d’une assistance en vue de la création de programmes similaires dans d’autres lieux.  

Le programme est en cours. Ses principaux objectifs sont les suivants :

  • Coordonner les actions des institutions et des citoyens dans le but de collecter et d’analyser l’information sur le trafic de drogue à Iekaterinbourg ;
  • Coordonner et collaborer avec les organisations médicales, les forces de police municipale et d’autres institutions en vue d’obtenir une image réaliste de la diffusion de la toxicomanie et de l’infection du VIH ;
  • Collaborer avec les médias afin d’attirer l’attention sur le problème de la diffusion du VIH et de la toxicomanie à Iekaterinbourg et dans la région de Sverdlovsk ;
  • Organiser une assistance non-médicale destinée aux personnes atteintes de toxicomanie ;
  • Organiser une assistance psychologique et juridique nécessaire pour les personnes atteintes de toxicomanie et pour les familles ;
  • Organiser des manifestations sur la prévention destinée aux enfants et aux adolescents ; et
  • Participer à des activités communes avec les forces de la police municipale, en apportant une aide pour résoudre les crimes liés à la drogue et réaliser un suivi pour prévenir la corruption.

Les principaux bénéficiaires directs de la politique sont les toxicomanes et les membres de leur famille, bien que la population tout entière en bénéficie indirectement. La population d’Iekaterinbourg participe en envoyant de l’information et des plaintes sur le trafic de drogues illégal au numéro de téléavertisseur de l’organisation, qui est partagé avec les autorités de la police municipale de la région. Cela permet à l’organisation de faire le suivi de leur réaction ultérieure et d’informer la population sur les résultats par le biais des médias.

Le programme n’est pas institutionnalisé officiellement. Il est financé par le biais de dons privés et non divulgués. Depuis 1999, plus de 6 500 personnes (hommes, femmes et adolescents) sont passés par les centres de réhabilitation mis à disposition dans le cadre du programme. Plus de 2 148 interventions conjointes réussies ont été menées avec les différentes forces de police municipale, plus de 3 353 dealers ont été arrêtés, à la suite de quoi la plupart ont été jugés. Des organisations similaires portant le même nom et s’inspirant des recommandations du programme « Ville sans drogue » d’Iekaterinbourg, ont été créées dans différentes communes et villes.

Peu de temps après le début du programme, le nombre total d’overdoses a diminué 12 fois : selon les statistiques des services des urgences[1], 617 cas d’overdoses ont été enregistrés en  juillet 1999; 337 cas en janvier 2000; 154 cas en août 2001; et 49 en novembre 2001.

En 2009, l’ONG « Ville sans drogue » a mené 404 interventions conjointes pour arrêter les dealers, auxquels ont participé le Service fédéral de sécurité, le département de la Lutte contre la délinquance organisée, la Direction des Douanes de la région de Sverdlovsk, les commissariats de police de la ville, et le comité national de Lutte contre les Stupéfiants. Selon les données statistiques des services des urgences, le nombre d’overdoses mortelles a été divisé par 1,5  (86 cas en 2009 contre 126 en 2008).[2]

Le manque de reconnaissance officielle par la municipalité est aussi un grave problème pour la politique. En outre, son domaine - le milieu du trafic de stupéfiants – pose des problèmes de corruption, implication de la police municipale, et bien d'autres problèmes liés à la mafia du trafic de drogue.

Bien que « Ville sans drogue » d’Iekaterinbourg continue à encourager la création de programmes similaires dans toutes les villes russes, en apportant de l’aide, des recommandations et du matériel de formation pour les volontaires sur son site web[3], et ait envoyé ces recommandations directement aux administrations municipales de Volgograd, Kaliningrad, Tcheliabinsk, Perm, Nihil Tagal, Kirovograd, et Neviansk, la réplicabilité de la politique est toujours assez problématique. Cette difficulté est essentiellement due aux problèmes « particuliers » et « spécifiques » évoqués ci-dessus.

Pour être efficace, la politique doit être mise en œuvre à un échelon plus officiel. Elle devrait se distinguer de l’aspect « formel » et « figé » des programmes municipaux existants qui n’inspirent pas confiance aux habitants des villes et qui sont généralement perçus comme des « programmes sur le papier » sans utilité pratique. Elle obtiendrait un élément participatif qui est absent dans ces programmes. L’ « officialisation » d’un type similaire de programme pourrait aussi aider à contrôler les nombreuses activités bénévoles menées dans ce domaine.

Nous ne pouvons pas affirmer qu’il existe des cas entièrement réussis de mise en œuvre de la politique. Toutefois, il s’est produit une discussion publique sur les politiques de prévention de la drogue dans la Fédération de Russie autour de ces tentatives de reproduction, qui ne seront pas sans apporter des résultats.