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Gwangju accueille de dizaines des villes du monde entier pour discuter sur la mise en œuvre des droits humains au niveau local

La Commission d’inclusion sociale, démocratie participative et droits humains de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) a co-organisé, avec la ville de Gwangju, le Centre international de Gwangju et la Fondation coréenne des droits de l’Homme, le 4ème Forum mondial des villes des droits humains (WHRCF), qui s’est déroulé à Gwangju (Corée du sud), du 15 au 18 mai 2014. Dans le cadre de cet événement, la commission a également tenu sa première réunion semestrielle de 2014.

Depuis 2011, le WHRCF réunit d’importants acteurs engagés dans la construction de villes pour les droits humains. La quatrième édition du forum á été une véritable plateforme d'échange d'expériences à laquelle ont participé plus de 500 participant-e-s d’environ 25 pays, représentant principalement des « villes des droits humains » (plusieurs sont membres de CGLU et de la Commission d’inclusion sociale), ONG des droits humains, organisations de base, parlementaires locaux, chercheurs et expert-e-s en droits humains des Nations Unies.

Cette année, la rencontre a eu lieu sous le thème « Vers une alliance mondiale des villes des droits humains pour tous et toutes ». Pour la première fois en Asie, les participant-e-s ont exploré le concept des « droit à la ville », en prenant comme point de départ la déclaration finale de la 1ère Rencontre mondiale des pouvoirs locaux pour le droit à la ville, organisée en 2012 à Saint-Denis (France) par la Commission d’inclusion sociale et Plaine Commune, qui l’ont défini comme « l’usufruit équitable des villes dans le cadre des principes de développement durable, égalité et justice sociale ».

Lors du forum, divers types de sessions et activités ont été organisées pour encourager l’échange et l’analyse des différentes expériences et bonnes pratiques en matière de conception, suivi et évaluation des politiques locales des droits humains.

Vers la construction de villes pour les droits humains et pour le droit à la ville

Les principaux thèmes objet de débat pendant le forum ont été :

  • Plénière 1 : « Droit à la ville et gouvernements locaux : comment les municipalités peuvent-elles transposer ce droit dans les politiques publiques ? ».
  • Plénière 2 : « Comment devenir une ville pour les droits humains ? La planification stratégique et mise en œuvre des droits de l’homme au niveau local ».

Plusieurs membres de la Commission ont participé comme intervenant-e-s à ces deux débats : M. Gillani, Gillani, président de CGLU ASPAC et président de l’association des gouvernements locaux du Punjab (Pakistan) ; Mme Rosa Icela Rodríguez Velázquez, secrétaire du développement social de la ville de Mexico (Mexique) ; M. Eduardo Tadeu Pereira, président de l’association brésilienne des municipalités (Brésil) ; Mme Hanoi Sánchez, maire de San Juan de la Maguana (République dominicaine) ; Mme Katharina Wallenborg, conseillère municipale pour l’égalité, la démocratie et la santé publique (Suède), et M. Gérard Perreau-Bezouille, représentant du Forum des autorités locales de Périphérie.

En plus de ces deux séances plénières, une séance spéciale s'est tenue au WHRCF sur « Bonnes pratiques de mise en œuvre des droits humains à l’échelle local », organisée par la Commission d’inclusion sociale, démocratie participative et droits humains de CGLU.

Un total de sept représentants des villes, une organisation de la société civile et un expert ont participé à cette session : M. Hans Sakkers, Hans Sakkers, chef du département des relations internationales de la mairie d’Utrecht (Pays-Bas) ; Mme Li Chiung Su, vice-secrétaire générale de la ville de Kaoshiung (Taiwan) ; M. Nelson Saule Jr, directeur de l’institut Pólis (Brésil) ; Mme Shams Asadi, coordinatrice des droits humains de la mairie de Vienna (Autriche) ; M. Kim Jin-Dong, Chargé d’Inspection du district de Seongbuk-Gu, Séoul (Corée) ; Mme Renata Boulos, coordinatrice des relations internationales de la ville de Guarulhos (Brésil) ; M. Aitor Ibero Urbieta, chef de cabinet du maire de Saint Sébastien (Espagne) ; Mme Annabelle C. Tangson, maire de San Luis (Philippines), et M. Michele Grigolo, chercheur au centre des études sociales de l’université de Coimbra (Portugal).

Au cours de cette session, les participant-e-s ont discuté sur comment avancer vers la mise en œuvre des droits humains et du droit à la ville dans le cadre local. À ce titre, les stratégies identifiées ont été la construction des alliances avec et parmi la société civile ; encourager l’éducation dans les droits humains et une culture de paix ; garantir la participation citoyenne dans la gestion de la ville et dans la conception des politiques publiques ; intégrer les droits humains dans tous les domaines sectoriels des politiques urbaines ; institutionnaliser les stratégies et les mécanismes des droits humains à l’intérieur de l’administration municipale ; adopter des lois municipales qui réglementent l’utilisation du sol urbain inutilisé et établissent des mesures fiscales sur le sol ; ou apprendre des autres villes et échanger des expériences en participant à des réseaux mondiaux ou régionaux.

Ateliers thématiques

Pendant le WHRCF, plusieurs ateliers ont été organisés afin de discuter, plus en détails, des thèmes précis, comme la violence d'État, le développement durable urbain, l’égalité des genres ou les droits de certains collectifs, comme les personnes handicapées, les enfants et jeunes, et les personnes âgées.

Un atelier d’expert-e-s a été organisé pour aborder le thème « Gouvernement local et droits humains », auquel ont assisté des expert-e-s en droits humains des Nations unies, des représentant-e-s des villes, ainsi que des professionnels des droits humains. L’objectif de l’atelier était d'apporter des idées sur le rôle du gouvernement local dans la promotion et la protection des droits humains pour nourrir le rapport qu'élabore le Comité Consultatif du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies (UNHRAC), conformément à la résolution A/HRC/24/L.2 adoptée le 26 septembre 2013. On s’attend à ce que l‘UNHRCAC présente une première version du rapport au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies lors de sa vingt-et-unième session en septembre 2014. La Commission d’inclusion sociale, démocratie participative et droits humains participe activement à la rédaction de ce rapport.

Au cours de l'atelier, plusieurs participant-e-s ont souligné l’importance de garantir une approche participative de la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques locales des droits humains, ainsi que le besoin de transversaliser les droits humains dans le cadre local à travers différents types de mécanismes : plans d’action en matière des droits humains, bureaux municipaux des droits humains au sein des municipalités , Ombudsmans municipaux ou bureaux de médiation, commissions citoyens pour les droits humains, ou adoption de chartes locales des droits humains ou d’ordonnances, parmi d’autres.

En ce qui concerne le pari de « localiser » les droits de l’homme, les participant-e-s ont souligné le manque de ressources financières et de compétences politiques de la part des autorités locales, la faible institutionnalisation des stratégies et des mécanismes des droits humains, le manque de mécanismes de suivi des politiques des droits humains et une coordination déficiente entre les différents cadres de gouvernance (national, régional et local).

Réunion semestrielle de la commission 2014

17 villes, venant des pays suivants d’Asie, d’Amérique latine et d’Europe : Allemagne, Autriche, Brésil, Chine, Corée, Espagne, France, Inde, Indonésie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pays-Bas, Philippines, République dominicaine, Suède et Taiwan ont assisté à la 1ère réunion semestrielle de la Commission d’inclusion sociale, Démocratie participative et droits humains.

Lors de la réunion, les participant-e-s ont discuté de l’importance de construire au sein de la Commission un réseau mondial des villes pour les droits humains et pour le droit à la ville, et ont décidé de travailler spécifiquement sur ce dernier thème, pour explorer plus en profondeur comment il peut se traduire en politiques locales concrètes. La ville de Mexico s’est portée volontaire pour diriger ce travail.

Les participant-e-s se sont mis d’accord sur le fait qu’il sera important de créer une approche stratégique sur le droit à la ville, pour influencer les agendas mondiaux Post-2015 et Habitat III.

Le 4ème Forum mondial des villes des droits humains s’est terminé par l’adoption d’une déclaration finale et la lecture des Principes de Gwangju pour une ville des droits humains. Ces documents peuvent être téléchargés en cliquant sur les liens ci-dessous.

Pour des plus amples informations, veuillez cliquer sur ce lien.