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Bologne : logement social et lutte contre les expulsions par la solidarité et le coopérativisme

Bologne est une ville d'environ 390.000 habitants. Ville universitaire, Bologne accueille chaque année environ 35.000 étudiants. Le tourisme est en hausse, de même que le nombre de logements touristiques dans le centre-ville historique. À l'heure actuelle, le besoin de logements sociaux à Bologne ne concerne pas moins de 6.000 personnes vivant en marge ou sous le seuil de pauvreté. Pour eux, aux prix actuels du marché, il n’y a aucune possibilité d’accéder à un logement convenable : ces familles sont fortement exposées à la marginalisation et à l’exclusion sociale.

(Ce rapport est le résultat d’un entretien mené par la Commission CISDPDH au Département du logement de Bologne, visant à partager l’expérience de la ville dans le cadre de la Communauté de pratique sur le logement - Source photo : Steffen Brinamnn - Szs)

Le droit au logement est un droit social fondamental qui doit être protégé de manière adéquate et concrète. Bologne s'est engagée à garantir ce droit au moyen de multiples outils. L’objectif de la ville est de répondre aux défis de plus en plus complexes liés au logement auxquels est confrontée la population de la ville, en constante transformation, tant sur le plan social que démographique.

Les principaux défis du gouvernement local et du Maire Merola consistent à garantir un logement convenable aux familles en situation d’exclusion sociale; consolider l'offre de logement public; aider les familles résidant dans des baux privés ayant besoin d'aide pour payer leur loyer; prévenir les expulsions causées par la crise économique; et promouvoir des modalités d'accès au logement qui encouragent la création de réseaux de solidarité entre les résidents qui ont un impact positif sur leur quartier tout en réduisant les coûts de logement.

Promotion de l’accès au logement social

Bologne possède un parc de logement public d’environ 12.000 unités pouvant accueillir 25.000 personnes, soit environ 6% de la population totale de Bologne. Ce parc immobilier est destiné aux personnes les plus fragiles sur le plan économique et social de la population de Bologne.

La ville s’est engagée pour accroître l'offre de logements sociaux par le plan « 1000 logements ». Ce plan prévoit la rénovation d'appartements publics et d’autres bâtiments abandonnés dans deux années. Bologne garanti également un logement à faible coût aux personnes qui ne peuvent pas accéder au marché immobilier sans pour autant être en situation d’exclusion sociale. Le nombre de ces appartements est d'environ 1.500.

Soutien aux locataires et lutte contre les expulsions

La municipalité de Bologne offre une aide financière à ceux qui, tout en résidant dans un logement côté selon le marché libre de l’immobilier, ont besoin d’aide pour payer leur loyer. En 2018, Bologne a fourni 1,5 million d'euros de contributions aux familles éligibles. Les expulsions sont un reflet dramatique de la crise économique. Bologne a mis en place le « Protocollo sfratti » (Protocol contre les expulsions), qui englobe la législation nationale relative à la perte d'emplois due à la crise financière et économique en tant que motif de non-paiement du logement. Ce protocole est un outil important pour réduire les expulsions à Bologne et dans sa région métropolitaine.

« La ville s’est engagée pour accroître l'offre de logements sociaux par le biais du plan « 1000 logements ». Ce plan prévoit la rénovation de divers appartements publics et d’autres bâtiments abandonnés dans deux années. Bologne garanti également un logement à faible coût aux personnes qui ne peuvent pas accéder au marché immobilier sans pour autant être en situation d’exclusion sociale »

Département du logement de Bologne

Depuis mars 2017, la municipalité de Bologne a aidé 277 familles qui ont reçu un ordre d'expulsion pour arriérés en raison de la crise économique. Il s’agit de familles qui ne sont plus en mesure de payer le loyer pour avoir perdu leur emploi, pour engager des dépenses médicales importantes ou pour le décès d’un membre de la famille chargé de fournir les revenus de la cellule familiale. Dernièrement, grâce à ces interventions, les expulsions ont considérablement diminué. Bologne est passée de 1109 expulsions en 2015 à 488 en 2017. Ce protocole amène progressivement les expulsions pour arriérés à la phase historique précédant la crise économique.

À ce jour, la municipalité a octroyé des subventions d’un montant d’environ 1,4 million d’euros. Ces contributions ont été attribuées directement aux locataires qui ont des crédits en faveur de familles ou de personnes qui ne paient pas le loyer en raison de la réduction du revenu. Bologne s'emploie à faire en sorte que le protocole d'expulsion reste en vigueur au moins jusqu'en 2021.

Le coopérativisme à Bologne : la solidarité au cœur de la politique de logement

Bologne a une grande tradition coopérative, également dans le secteur du logement. La municipalité a ramené le partage et la solidarité au centre de la politique du logement, en exprimant ce concept à travers différentes stratégies. Par exemple, au cours des dernières années, la ville a investi dans ce secteur en ce qui concerne le logement populaire. Bologne a soutenu de petits projets généralisés dans les différents quartiers de la ville, consacrés à la revitalisation par les résidents des espaces communs au sein des logements publics. Les activités de soins et l’auto-organisation ont été promues afin de valoriser le patrimoine existant et de créer des réseaux collaboratifs par des résidents.

L’initiative la plus innovatrice dans la ville a été la création du premier logement coopératif public : Porto 15. La municipalité a également modifié son propre règlement d’urbanisme pour y introduire un article spécifiquement consacré au logement coopératif « abitare collaborativo ». Abitare collaborativo est un modèle de logement coopératif qui permet d’accroître l’offre de logements sociaux à des coûts inférieurs au seuil du marché tout en créant de la valeur sociale, des dynamiques de solidarité et des réseaux de soins et d’aide entre les résidents.

Plusieurs exemples d'événements participatifs autour du projet Porto 15 et d'autres initiatives sur le domaine du co-housing public

Après l'inauguration du premier logement coopératif public en 2017, Bologne s'est engagée à propager ce modèle de logement par un changement de réglementation urbaine qui, pour la première fois en Italie, définit ce qu'est le logement collaboratif et garantit des aides économiques en vue de sa réalisation. L'article 32bis du règlement d’urbanisme considère le logement collaboratif comme une initiative de logement menée par les citadins, dans laquelle les résidents s'organisent sous la forme d'une coopérative ou d'une association et signent un accord avec la municipalité garantissant la planification conjointe avec les résidents et l'ouverture de l’initiative à son quartier et son environnement.

 « La collaboration entre les pouvoirs locaux de différents pays est un outil fondamental pour garantir un développement rapide et équilibré des politiques de logement aux niveaux européen et mondial. Les problèmes de logement auxquels sont confrontées les villes, même dans des contextes différents, sont de plus en plus similaires et exigeants. La comparaison de différentes pratiques pour trouver des solutions à des problèmes similaires, nous permet de développer des solutions intégrées, innovantes et flexibles.

Il n'est plus concevable dans un monde qui devient de plus en plus petit de ne pas regarder, chaque fois que nous sommes face à un problème dès la première fois, à ce que d'autres ont fait pour le résoudre. L'échange de pratiques et des mesures mises en place par différentes villes pour garantir le droit au logement constituent une priorité importante qui doit être soutenue et encouragée aussi dans le cadres des institutions européennes. »

Département de Logement, Mairie de Bologne

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